STAGE SPORTIF ILIAS ILIADIS. DIMANCHE 20 NOVEMBRE 2016. CEYRAT.

Alors voilà je me lance, c’est mon premier article sur le site du club Alpes Judo Fontaine. Article qui relatera plusieurs premières fois pour moi, Patrice Lebrun, ceinture jaune, nouvel élu au club en charge de la communication avec Corine et également papa d’Ethan et d’Eva, judoka eux aussi.

Premier stage de judo, premier déplacement sportif avec le club, première conduite de minibus, première soirée « boite de nuit » dans un minibus …

On est le dimanche 20 novembre 2016, 6h20. On part suivre le stage d’un judoka de renom : Ilias ILIADIS – champion olympique 2004, champion du monde 2010, 2011 et 2014. Rien que ça !

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Audrey et moi, conducteurs désignés, arrivons avec le minibus au parking en bas du dojo. Nous sommes déjà attendus. Anissa et Ahmed, la fille et son père sont les premiers à nous faire la bise. Puis c’est au tour de Manon et surprise, de Barth! On décolle à l’heure. Audrey prend le premier relais. La radio est couverte par le bruit du vent. La météo l’a annoncé : WE tempête de vent.

Voreppe, passage du péage, plus de radio, pas grave Audrey est bavarde (moi aussi d’ailleurs), elle ne va pas nous manquer (la radio). Ahmed et Manon finissent leur nuit à l’arrière, tandis que les ados, Anissa et Barth s’isolent avec leur téléphone. Très vite on passe à Lyon. Le vent brinqueballe le minibus. Devant ça papote, ça papote.

8h00, on est à la moitié du trajet. Arrêt petit déjeuner sur une aire pas loin de Roanne. Audrey a prévu pains au chocolat et croissants pour tous. Ça fait du bien. A mon tour de conduire. Encore une heure de passée, Audrey branche son GPS. On doit contourner Clermont-Ferrand par le Sud-Est. Ca y est, on sort de l’autoroute, premier rond-point, le GPS nous perd. Jérôme, déjà sur place nous appelle, inquiet. On est à la bourre. Le téléphone passe mal, on le perd lui aussi. On fait demi-tour, on retrouve le bon chemin ; un premier panneau « Arténium ».

10h06 on arrive enfin. Je gare l’engin. Et on file vite. La manifestation a un peu de retard. On tombe sur Jérôme, nos formalités sont déjà faites. On court vers les vestiaires. Pour Ahmed, Barth et moi ce sera le numéro 6.

Nous voilà en judogi. Nous ne sommes pas les seuls retardataires. On arrive sur le tatamis. Whaouh ! Aussi long qu’un terrain de football : 2 fois 5 surfaces de combat. Je ne distingue que des ceintures noires en attente de saluer. Je n’ai pas mes lunettes. Comme d’habitude je ferai au jugé.

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Avec Ahmed on se dépêche de contourner tout le tatamis : le peu de ceintures de couleur présentes sont à l’autre bout. Mon Dieu que c’est grand ! On se positionne. Je distingue 5 ceintures blanches à ma gauche, 4 jaunes avec moi, quelques oranges à ma droite dont une personne mal voyante (quel courage !). Ahmed est parmi les ceintures vertes, plus nombreuses. Je ne sais pas où sont mes autres compagnons. Mes yeux ne me permettent pas de faire la différence entre le noir et le marron des ceintures.

En face de nous, une dizaine de hauts gradés nous font face. On salue. On a droit à un discours. J’apprends que nous sommes 250 stagiaires!

Enfin Ilias Iliadis entre dans l’arène, on l’applaudit chaleureusement. Je le distingue à peine, il est loin. Fichue vision … Il me semble quand même super baraqué. En fait, il l’est! 

On commence l’échauffement. On tourne autour du tatamis. Très vite je retrouve Ahmed. Anissa et Audrey nous rejoignent. Ah ce n’est pas comme au dojo. On fait de vraies longueurs de sprint. Je ne sais pas combien de fois on fait ce tour. Une variante, au lieu du sprint, on fait des roulades sur toute une longueur. La tête me tourne. A priori Ahmed ressent la même chose. Suivent des longueurs en chute avant, roulades arrière… Les exercices s’enchaînent, je commence à ne plus réfléchir. Je me concentre. L’échauffement se termine.

Tout le monde se rassemble autour d’Ilias, je le « vois » un peu mieux.

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Entre Audrey et Ahmed, j’écoute ce qu’il nous dit. Il parle en anglais. Facile à suivre. La traductrice fait de petites erreurs. Ilias nous motive, pousse les jeunes qui doivent se donner à 120%. Nous les vieux, 60~70% ce sera déjà bien. Pendant 20 minutes, il nous montre un de ses spéciaux : une forme d’eri seoi nage otoshi. Pas l’air évident … A nous! Manon adore!

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Audrey me salue. Première fois que nous allons pratiquer ensemble. Beaucoup d’appréhension, c’est une ceinture noire ! En fait ça se passe bien. On y va lentement, la technique n’est pas évidente. On ne la ressent pas encore. Audrey essaie de corriger mon attitude trop rigide. J’y fais attention. Je suis très concentré. Ça commence à venir. Ça vient! En fait ce geste est génial. Il est très plaisant à faire. Merci Audrey, c’était une super première. Ci-dessous, photo qui illustre à peu près ce que je vois sans lunettes…

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On change de partenaire. Je cherche Ahmed, lui aussi me cherche. Il me trouve, je ne vois pas loin. On continue la technique. On prend tous beaucoup de plaisir à la faire. Ahmed apprend à passer sous le centre de gravité de son partenaire.

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Barthélémy, pour la projection.

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Nouveau changement de partenaire, je salue un jeune ceinture noire. Randori libre. Il est sympa. Il me donne quelques conseils. Beaucoup plus grand que moi, quand il me fait voler de si haut, j’ai l’impression que je vais souffrir du mal des montagnes. Physiquement je tiens le coup. Je suis content. Les randoris s’arrêtent. On va boire un coup. Je vois deux jeunes faire des pompes avec Iliadis à côté d’eux. J’apprendrai plus tard qu’il les a levés à rester assis pendant les randoris.

Suit une séance de renfo musculaire avec le mot du jour, que je connaissais déjà, mais qui, pour l’occasion, restera attaché à cette journée : Push up ! Push up ! Push up ! Push up ! Comprenez, « pompes »! Des pompes, on en mange. Et pour se reposer on fait du gainage sur les mains.

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Ilias a une façon bien à lui de compter les secondes. 30 secondes semblent durer 2 minutes. A ça y est, on change d’exercice, et … Push up ! Push up ! Push up ! Je ne sais combien. Je tiens. A nouveau gainage sur les mains. J’attends à nouveau les pompes … et non gainage sur les coudes (tiens, une variante). Et ces secondes Iliadistiques qui s’égrènent avec la lenteur d’une mamie traversant un passage piéton en déambulateur. Depuis combien de temps ça dure. Je ne sais plus. J’ai perdu mes repères. Et c’est le break, il est 12h30. Ça fait déjà 2h00 qu’on est sur le tatami!

Mon kim est trempé. Moi, vanné, mais bien. Direction le vestiaire numéro 6. Je prends une douche bienfaitrice. Mon Dieu qu’elle fait du bien. Mes gestes sont au ralenti. Comme à Fontaine après le cours. Mes épaules ne veulent plus bouger. Je me rhabille en civil, je remets mes lunettes. Voir à nouveau distinctement, quel bonheur!

On rejoint Jérôme en haut des gradins. On fait la queue pour manger au self. J’ai faim tel le hobbit qui a sauté son deuxième petit déjeuner de 11 heures. Je prends des rillettes, du cantal, de la blanquette de dinde avec du riz et une grosse part de gâteau au chocolat. Les autres disent que la nourriture est un peu juste. Ah bon ? Je me régale, je dévore … C’est toujours bon de manger entouré de ses copains et amis.

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13h30 ! vite, vite retour au vestiaire numéro 6. Kimono enfilé, je repasse en vision floue. Ça recommence à 14h00. On se retrouve tous au bord de tatamis, nos petits jeunes se chamaillent. Avec Jérôme, on s’y met aussi. On rigole. On en profite pour faire un selfie tous les uns sur les autres. Seul Ahmed reste en retrait mais on le voit quand même au fond sur la photo.

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Allez ! Il est temps de reprendre nos positions pour le salut. Je ne constate pas de défection. On salue. On fait un court échauffement et on enchaÏne sur des petits randoris. Ce coup-ci les ceintures de couleur ne se mélangent pas trop et restent entre elles. Je passe avec Ahmed.On sent bien nos estomacs pleins. Pratiquer en phase digestive, pas top du tout! Leçon à retenir… On s’exerce sur des entrées de prises 10 fois ; à la dernière on fait chuter. Les uchi komi qu’on appelle ça. Changement de partenaire. Nouveau changement, je ne les compte plus. Tous les grades colorés y passent. Maintenant randoris courts. Toujours pour s’échauffer.

Jusqu’à ce que je tombe sur une ceinture verte. Je lui fais un moroté à genoux, je le projette. Je lui ai fait mal. Il se tient l’épaule. J’apprends qu’il vient juste de se la faire remettre chez l’ostéo dans la semaine … Mais qu’est-ce qu’il est venu faire là ? Pas raisonnable. Je garde ma réflexion pour moi. Je compatis, et lui présente mes excuses même si je ne me sens pas fautif.

Autre randori, une ceinture blanche. Le gars me rend 30 à 40 kg, du haut de mes 65 kg tout mouillé. Il est plus petit que moi mais beaucoup plus large. Ça ne va pas être facile. Il me dit avoir commencé il y a 2 mois. C’est pire que ce que je pensais : les bras encore plus durs que moi. Je n’arrive pas à l’approcher. On oublie les fauchages, je tente les projections. La première rate. Je retente, il me bloque et … je ne sais pas ce qu’il fait. Je ressens une douleur dans la cheville, puis le genou et enfin le milieu du dos.Autre leçon à retenir : faire attention avec les « petites » ceintures qui compensent le manque technique par une raideur extrême.

Ilias nous rassemble à nouveau. Je me dirige vers le centre de l’arène. Mon genou m’inquiète. Ilias nous explique cette fois-ci, son o goshi. Une technique qui me paraît difficile à première vue. La vieillerie commence à se faire sentir, mais je m’accroche. Après cette mise en pratique, Ilias nous remet une couche de renforcement, afin detester notre résistance. Cette fois-ci, les exercices fractionnés sont un peu différents. Randoris de 4 minutes / Push up / Randoris (4 min) / Gainage main / Randoris / Gainage coude. Et ça s’enchaîne. Je perds le compte. Ahmed explose en vol. Il se retire du stage. Il se préserve pour le travail le lendemain. Je continue, je ne sais plus où j’en suis. Il reste encore une heure de stage et ma résistance commence à fondre comme neige au soleil.

Je remarque une jeune fille qui a l’air d’une tueuse. Elle fait valdinguer tout ce qui passe en ces mains (garçon ou fille). Anissa en fait les frais, lors d’une chute, elle lui tire la natte pour lui faire taper la tête par terre. Mauvais esprit. Allez, encore 30 minutes à tenir, mais je me retire des randoris, je suis cuit. Je me mets au bord pour ne pas gêner. Moment de répit agréable. Je regarde nos cadets faire leurs derniers randoris. Ah la jeunesse … Fin de la partie.

Ilias nous fait mettre en 3 paires de rangées se faisant face à face. On ne sait pas ce qu’il nous prépare. Ahmed nous regarde depuis les tribunes et prend des photos. Ilias annonce la couleur. Une rangée au repos, une à l’exercice. Et alternance rapide. Hum … encore du fractionné ? Et ça recommence : Push up ! Pied entre les mains. Saut en extension. Retour push up ! Autre rangée. Et ça tourne. Et on fait ça des heures … (en fait quelques minutes). Audrey m’avouera plus tard n’avoir plus fait les sauts mais juste une hola. Et on termine par du gainage. Les secondes Iliadistique s’égrènent à nouveau … Mais la mamie au déambulateur doit être restée coincée au milieu du passage piéton. Et ça s’arrête ENFIIIIIIIIIIIIN!!!

On retourne se positionner pour le salut. Dans le rang des ceintures de couleur, les rangs sont clairsemés. Plus qu’une ceinture blanche, 2 jaunes dont moi, 2 oranges dont la personne aveugle (bravo monsieur !), les vertes aussi, on dirait qu’il y a moins de monde. Rei !

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Ilias Iliadis est chaleureusement applaudi. C’est vrai qu’on vient de vivre un truc quand même. Il nous rassemble à nouveau au centre de l’arène. C’est la séance des questions. Je me retrouve à côté de Manon que je n’ai croisée qu’à midi. On écoute. Quelques questions bébêtes, d’autres moins, et puis une sur les écoles de judo géorgiennes, la nature pugilistique des petits géorgiens mais qui ont du mal à se plier à la discipline d’une école. Et puis je pose la mienne sur les blessures graves et comment revenir au top. Et là moment magique, une sacré réponse! Ilias Iliadis passe vite sur ses blessures physiques (genoux, bras, épaules, …) pour s’arrêter sur la période où il s’est retrouvé sans jus. Inexplicablement. Tous ses paramètres physiques étant normaux d’après ses médecins. Une descente aux enfers sans force de 6 mois. Un mauvais virus … Une fois éradiqué, encore plus de travail pour revenir. Et quel retour! Champion du monde 2010! Et même qu’il me regardait droit dans les yeux quand il me parlait, bien que je n’y vois toujours pas plus clair sans mes lunettes… Quelle leçon de courage. Manon me vanne en me demandant « Ça fait combien de temps que tu la retournais dans ta tête cette question ? ». On peut dire que le club a été surreprésenté à la séance question. Nous avons la langue bien pendue ^^.

Et puis séance photo et dédicaces par club. Alpes Judo fontaine est dans les premiers. Cool! Ahmed nous a rejoint de  nouveau.  Ca y est c’est la photo de groupe avec le champion : Ilias se met entre Audrey et moi, et met ses mains sur nos épaules. Whaouh! Naturellement souriant pour ma part, là je dois battre tous mes records de sourire.

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On se dirige vers la file pour les autographes. Tout le monde aide Audrey à préparer ses cahiers d’autographe Mickey. On se marre. On patiente. Cela se passe, dédicace photo, T-shirt, carnets Mickey pour Audrey, photos.

Regardez donc nos airs béats au moment de la dédicace et de la photo avec Ilias.

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Et c’est fini. Retour vestiaire numéro 6. Enfin fini pas tout à fait. On commence déjà par attendre Jérôme. On est toutes et tous changés, prêts à partir. Il rentre avec nous. Il arrive enfin, toujours en kim. On le chambre. On n’aurait pas dû, il met des plombes à prendre sa douche. Il arrive enfin … enfin ! … avec une tonne de fromage ôO ! On grimpe dans le minibus. Je prends le premier relais. C’est assez calme. On accuse tous un peu la fatigue. La conduite de nuit est un peu pénible, surtout que le minibus n’est pas très puissant, que la circulation est dense.Et le vent démoniaque ; il joue avec les flancs de notre véhicule. Les côtes sont interminables, pépère a du mal: de 130 km/h en bas de côte, on frôle les 80 au sommet. Sans doute à cause de notre surcharge en fromage et en cadets … Fin de mon relais. On s’arrête sur la même aire que le matin. On s’attable. Et le lâchage arrive. On passe en mode clowns. Fous rires au menu.

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Je laisse les clés à Jérôme, le temps d’aller me rafraîchir. Jérôme en profite pour cacher le minibus au milieu de 38 tonnes … C’est malin. On les retrouve. Allez, en route pour le dernier relais. Audrey au volant, Jérôme au milieu (aux manettes devrais-je dire), moi place passager. On repart. Et là, Jérôme commence à mettre au point la recette de la cuisson de cadets à thermostat 12.
On a un chauffage indépendant. Mais derrière, c’est une autre histoire. Jérôme décide de tout faire à fond: chauffage, musique, chants. Nos cadets se réveillent … braillent (à fond, eux aussi du coups !) comme quoi ils n’aiment pas la musique, comme quoi ils ont trop chaud… « Et puis la neige elle est trop molle! », dixit Josiane BALASKO dans un film cultissime. Devant, tout va bien pour nous. Le fromage, tout comme les cadets commence à moins aimer la chaleur et se met à couler dans le coffre. Pauvre Ahmed! Entre des encadrants déchaînés et des cadets braillards à thermostat 12.

On passe les péages sur ce rythme, suscitant des regards amusés dans les autres voitures. On bat le tempo. On est survoltés, dans une ambiance surchauffée (le cas de le dire … derrière). On s’amuse. Et on arrive. Fontaine. Parking. Les parents récupèrent leur progéniture en nage. On se quitte. Il est 23h00, dimanche 20 novembre 2016.

Quelle journée!